lundi 30 juin 2014

Traité Berakhot I - Guemara 2b : l'unité du temps

On peut aussi avancer qu'il s'est référé à la création du monde, à propos de laquelle il est écrit (Gen. 1,5) : "Et ce fut soir, et ce fut matin, jour un"

De la même façon que le cycle du temps forme l'unité du premier jour de la création avec ceux qui le succèdent, la lecture du Chema' forme l'unité de la Communauté d'Israël présente au Sinaï avec celles qui la succède.

vendredi 23 mai 2014

Traité Berakhot I - Guemara 2b : l'Assemblée du soir

Et pourquoi débuter par le soir plutôt que par le matin ? Le Tanah se base sur le verset (Deut. 6,7) où il est écrit : "A ton coucher et à ton lever", et il pose que le moment de la récitation du Chema' du coucher correspond à l'heure où les prêtres se rassemblent pour consommer leurs Teroumas.

Cette assemblée est constituée de la totalité des prêtres, y compris donc ceux qui ne pouvaient consommer leurs Teroumas en raison de leur impureté et qui retrouvent, à ce moment, leur place parmi leurs semblables. La mise en parallèle avec la récitation de Chema' du soir montre que cette dernière participe également au retour perpétuel à l'unité de la Communauté d'Israël.

lundi 12 mai 2014

Traité Berakhot I - Guemara 2a : question sur le temps

Sur quoi le Tanah se base-t-il pour débuter par une question sur le temps ?

 Quelle est effectivement la part que prend le temps dans l'accomplissement d'un commandement ? Si ce dernier implique une union entre l'homme et le divin, en quoi accomplir un commandement à tel moment plutôt qu'à tel autre a-t-il son importance ? Elle ne peut être conditionnée par le divin dont l'essence transcende le temps. Elle n'est pas non plus inhérente à l'humanité puisque l'homme est apte à réciter le Chema' ou à accomplir tout autre commandement à n'importe quel moment. Mais si cette importance ne réside ni dans la fin du commandement, ni chez ceux qui le mettent en acte, elle doit se trouver dans les moyens mêmes de l'accomplissement : autrement dit, le monde dans lequel l'homme vit.
  Si le commandement est donc accompli par l'homme, pour Dieu, il ne peut l'être qu'au moyen du monde dans lequel l'homme vit et que Dieu a créé.

mardi 29 avril 2014

Traité Berakhot I - Michna 2a : le temps de la récitation du Chema' du soir.

Quel est l'intervalle de temps pour réciter le Chema' du soir ? D'après R. Eli'ézer, de l'heure où les prêtres se rassemblent pour manger leurs Teroumas jusqu'à la fin de la première veille. Les Sages disent jusqu'à minuit. Rabban Gamliel propose jusqu'à la montée de la colonne de l'aube. Il y eut une fois où ses fils, revenant d'un banquet, lui dirent : "Nous n'avons pas récité le Chema'." Il leur rétorqua : "Si la colonne de l'aube n'est pas encore montée, vous êtes tenus de le faire !" Et ceci n'est pas lié qu'à ce cas, toute limite fixée par les Sages à minuit a été étendue jusqu'à la montée de la colonne de l'aube. L'offrande des graisses et des membres doit brûler jusqu'à la montée de la colonne de l'aube, et tout ce qui doit être consommé le jour même doit l'être jusqu'à la montée de la colonne de l'aube. S'il en est ainsi, pourquoi les Sages ont-ils enseigné jusqu'à minuit ? Afin d'éloigner l'homme de la transgression.

 La première Michna du traité Berakhot est, par son propos, assez déconcertante... Alors que le lecteur pourrait s'attendre à débuter cette étude par la définition de ce qu'est la bénédiction, de son rôle et de son importance dans le culte juif, le Talmud l'entraîne dans un questionnement qui, bien qu'amorcé sur la récitation du Chema', sera centré sur les limites temporelles à attribuer à un commandement dont l'accomplissement doit se faire obligatoirement de nuit. "Il y a un temps pour tout", et le Talmud, en plein accord avec cette formule de l’Ecclésiaste, vient d'emblée rappeler que sa démarche est d'ordre essentiellement pratique : accomplir d'abord pour mieux comprendre, tel est et sera toujours le message talmudique, mais l'accomplissement d'un commandement, pour être efficace,  ne peut se faire sans une prise en compte du monde extérieur dans lequel chaque homme évolue, sans contrainte objective. Et la première de ces contraintes est le temps.
  Le temps qui, toutefois, n'est ici non pas historique mais périodique. Deux rythmes marqués soit par la division artificielle de la durée d'un événement (en l'occurrence, la nuit), soit par la répétition d'un phénomène naturel (l'aube d'un nouveau matin). Un temps humain qui vient s'inscrire dans un temps naturel et qui, par le but même que lui confère son humanité, se doit d'être plus restrictif. Eviter la transgression, c'est éviter de se laisser guider par le monde qui n'a qu'à être pour mieux se remémorer que l'homme a aussi une fin, une responsabilité et une mission.